Dans une démarche audacieuse pour lutter contre la crise du logement au Canada, le premier ministre Justin Trudeau fait pression sur les provinces pour qu'elles apportent des changements importants à leurs politiques de logement en offrant une aide de 5 milliards de dollars canadiens (3 $. 7 milliards) d’incitation au financement des infrastructures. L'annonce, faite par le gouvernement Trudeau, exige que les provinces s'engagent dans des réformes visant à augmenter l'offre de logements afin d'accéder au financement d'ici le 1er janvier 2025.
La pression de Trudeau en faveur d'une réforme du logement consiste notamment à exhorter les provinces à geler les redevances d'aménagement municipales et à autoriser jusqu'à quatre logements sur chaque terrain. Cette initiative remet directement en question la position récente du premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, contre l'autorisation des quadruplex dans toute la province, invoquant les inquiétudes liées aux réactions négatives de la communauté. Trudeau souligne cependant le besoin urgent de faire face à la montée en flèche des prix de l’immobilier en intensifiant les efforts de construction.
En outre, le gouvernement fédéral prévoit de lier le financement des transports en commun aux réglementations municipales, par exemple en abolissant les exigences minimales de stationnement à proximité des lignes de transport en commun et en soutenant les logements à haute densité à proximité des centres de transport et des établissements d'enseignement. Cet alignement stratégique du financement avec des politiques de logement spécifiques souligne l'engagement de Trudeau en faveur d'une réforme rapide et globale du logement.
Le financement d'infrastructure proposé sera spécifiquement alloué aux infrastructures de logement essentielles, notamment les systèmes d'approvisionnement en eau, d'eaux usées, d'eaux pluviales et de déchets solides. Les provinces qui sollicitent le soutien fédéral doivent mettre en œuvre des mesures clés, telles que l'approbation de plein droit de quatre logements, le gel des redevances d'aménagement et l'adaptation du code national du bâtiment pour tenir compte de diverses options de logement.
En plus de l'incitatif financier, le gouvernement Trudeau a l'intention d'introduire une « déclaration des droits » pour les locataires et les propriétaires, bien que les mesures spécifiques n'aient pas encore été détaillées. Un milliard de dollars canadiens supplémentaires en financement d'infrastructures seront alloués aux municipalités, et le Fonds d'accélération du logement recevra un complément de 400 millions de dollars canadiens pour promouvoir des réglementations de zonage flexibles et une construction de logements plus dense.
Cette approche globale de la réforme du logement fait suite aux annonces récentes concernant les droits des locataires, l'expansion des services de garde d'enfants et la mise en œuvre d'un programme d'alimentation scolaire. Ces mesures visent stratégiquement à attirer les électeurs âgés de 40 ans et moins, un groupe démographique qui a montré un soutien décroissant à Trudeau dans les récents sondages. En donnant la priorité à l’abordabilité et à l’accessibilité du logement, Trudeau vise à regagner la confiance et le soutien de ce segment crucial des électeurs.


