Le Premier ministre japonais Fumio Kishida doit participer à un sommet clé en Lituanie la semaine prochaine, où il soulignera la nécessité de renforcer les relations entre le Japon et l'OTAN. La visite de Kishida, accompagnée de dirigeants de Corée du Sud, d'Australie et de Nouvelle-Zélande, vise à souligner l'inséparabilité de la sécurité dans l'Indo-Pacifique et en Europe, ainsi qu'à confirmer l'engagement accru de l'OTAN dans la région.
Les alliés de l'OTAN sont actuellement en pourparlers pour publier une déclaration conjointe avec les quatre pays de l'Indo-Pacifique, mettant l'accent sur une coopération plus approfondie et soulignant l'interdépendance entre la sécurité en Europe et dans la région. Cependant, il existe des désaccords conceptuels entre les alliés concernant l'étendue des responsabilités de l'OTAN. Alors que certains plaident pour une focalisation plus étroite à l'intérieur des frontières établies de l'alliance, d'autres préconisent une perspective plus large sur les questions de sécurité affectant l'OTAN.
Le rôle et l'influence de la Chine sont au cœur de ces discussions. Après avoir identifié Pékin comme un défi l'année dernière, l'OTAN a cherché à renforcer les liens avec les pays de la région indo-pacifique. Le projet d'établir le premier bureau de l'OTAN en Asie s'est heurté aux objections du président français Emmanuel Macron, qui a mis en garde contre l'élargissement du champ d'action de l'OTAN. Les stratégies européennes concernant Pékin ont été façonnées par son soutien continu à la Russie, l'OTAN dénonçant leur partenariat comme une menace pour l'ordre international fondé sur des règles.
Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a souligné l'importance de l'interconnexion entre l'Asie et l'Europe, exprimant l'avis que les développements dans une région ont un impact significatif sur l'autre. Les États-Unis, en particulier, s'efforcent d'établir des mécanismes multilatéraux dans l'Indo-Pacifique, ce qui fait craindre à la Chine que ces efforts visent à contenir sa montée. Les efforts visant à renforcer les liens militaires et la coopération entre le Japon, la Corée du Sud et l'OTAN ont trouvé un certain écho, avec une demande croissante d'exportations de défense sud-coréennes en Europe de l'Est.
Bien qu'il existe un consensus parmi les dirigeants de l'OTAN sur le fait que l'Europe doit jouer un plus grand rôle dans l'Indo-Pacifique, les détails de cette implication font toujours l'objet de débats. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a souligné la nécessité pour les membres européens de l'OTAN d'assumer davantage de responsabilités. Le prochain sommet de l'OTAN comportera des sessions consacrées au renforcement des partenariats avec les pays de l'Indo-Pacifique, et l'OTAN et le Japon devraient annoncer les principaux piliers d'une nouvelle coopération, y compris l'alignement des équipements de défense.
Cependant, des inquiétudes subsistent quant aux limites du Japon et à la négligence potentielle de son propre voisinage s'il participe à toutes les opérations de l'OTAN. Les dirigeants asiatiques ont réagi avec prudence à l'ouverture de l'OTAN dans la région. De nombreux pays s'opposent à l'émergence de blocs militaires et préfèrent éviter de prendre parti dans la rivalité américano-chinoise ou américano-russe. Certains pays d'Asie du Sud-Est diffèrent également de l'approche de l'OTAN vis-à-vis de l'Ukraine.
Dans l'ensemble, l'approfondissement des liens de l'OTAN dans la région indo-pacifique est considéré comme ayant une signification politique plus importante que militaire ou stratégique. Alors que les inquiétudes concernant l'influence de la Chine augmentent, les activités de l'OTAN en Asie seront probablement limitées à des pays individuels traitant principalement avec des alliés américains dans la région. Il est important de noter que même si ces développements sont dignes d'intérêt, il est crucial de ne pas exagérer leur importance.


