Le Canada a annoncé un plafond de deux ans sur les permis d'étudiants internationaux dans le but de résoudre la crise actuelle du logement. Le gouvernement cessera également de délivrer des permis de travail à certains étudiants de troisième cycle. Cette décision intervient alors que le pays est aux prises avec un nombre record de nouveaux arrivants, ce qui a exacerbé la pénurie de logements. Ce plafond devrait réduire le nombre de permis d'études approuvés de 35 % en 2024, ce qui correspond à environ 360 000 permis, selon le ministère de l'Immigration.
Le ministre de l'Immigration, Marc Miller, a souligné que le plafond vise à protéger les étudiants des établissements privés qui offrent des services de qualité inférieure à des coûts élevés. Par conséquent, il vise également à alléger la pression sur le logement et d’autres services essentiels. Certains établissements privés ont été critiqués pour leurs ressources et leurs systèmes de soutien insuffisants pour les étudiants internationaux, associés à des frais de scolarité exorbitants. Miller a déclaré que ces facteurs, combinés à l’afflux d’étudiants internationaux, ont mis à rude épreuve le logement, les soins de santé et d’autres services. La mise en œuvre du plafond devrait atténuer certaines de ces pressions et contribuer à faire baisser les prix des loyers.
Ces dernières années, la croissance rapide de la population résultant de l'immigration a mis à rude épreuve les services publics, comme les soins de santé et l'éducation, et a entraîné une flambée des coûts du logement partout au Canada. L'administration du premier ministre Justin Trudeau a été critiquée sur ces questions, des sondages indiquant que le soutien du public au gouvernement libéral diminuerait si des élections avaient lieu maintenant. Tout au long du troisième trimestre de 2021, la population a connu sa croissance la plus importante depuis plus de six décennies, les résidents non permanents, principalement des étudiants, représentant une augmentation de 312 758 personnes, soit la hausse la plus importante depuis plus de cinquante ans.
Bien que la décision du gouvernement canadien d'imposer un plafond sur les permis d'étudiants internationaux ait été présentée comme une réponse à la crise du logement, elle a également suscité un mécontentement. L'Alliance canadienne des associations étudiantes (ACSA), un groupe de défense des intérêts étudiants, a critiqué cette décision, indiquant qu'elle ne parvient pas à s'attaquer au problème fondamental. Le directeur du plaidoyer de CASA, Mateusz Salmassi, a souligné que ce dont les étudiants internationaux ont réellement besoin, c'est d'un soutien accru et d'un meilleur accès à un logement abordable. Se contenter de limiter les permis ne résout pas le problème sous-jacent et peut entraver les diverses contributions que les étudiants internationaux apportent à l'économie et à la société canadiennes.
Il reste à voir quel impact le plafonnement des permis d'étudiants internationaux aura sur la crise du logement au Canada et sur son système éducatif. Le gouvernement fédéral s'est engagé à collaborer avec les provinces, qui supervisent le secteur de l'éducation, pour mettre en œuvre efficacement le plafond. Trouver un équilibre entre les besoins des étudiants internationaux et les exigences en matière de services publics et d’accessibilité au logement constitue un défi complexe pour les décideurs politiques. À mesure que le Canada met en œuvre cette mesure, il sera crucial d’envisager les implications plus larges et d’explorer des stratégies globales pour répondre à la fois à la crise du logement et aux besoins éducatifs des étudiants internationaux.


