Les incendies de forêt massifs au Canada ont creusé un schisme dans la politique du pays, en particulier dans son cœur producteur de pétrole de l'Alberta et de la Saskatchewan. Alors que les politiciens et les conservateurs ne peuvent plus nier les changements climatiques, ils continuent de résister aux ambitions du premier ministre Justin Trudeau. Cette position pourrait laisser le Canada, l'un des plus grands producteurs de combustibles fossiles au monde, sans voie crédible pour réduire les émissions de carbone à un moment où les impacts du changement climatique dévastent ses forêts.
Les incendies, qui ont brûlé plus de 13 millions d'acres, soit deux fois la taille du Massachusetts, ont forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs maisons et ont assombri l'air avec une fumée toxique. Le chef de l'opposition canadienne a appelé à la fin de la taxe sur le carbone du pays. Pendant ce temps, le principal rival de Trudeau, Pierre Poilievre, a parlé pendant des heures au Parlement, avec l'intention de bloquer le budget du Parti libéral au pouvoir. Poilievre est particulièrement populaire dans les provinces des Prairies, où de nombreux électeurs et industries résistent aux politiques climatiques.
Le Canada possède les troisièmes plus importantes réserves de pétrole brut prouvées au monde, et le pétrole et le gaz représentent jusqu'à 7 % du PIB du pays et un cinquième de ses exportations de biens. Alors que les incendies de forêt record ont fait ressortir les coûts de l'inaction climatique, les politiciens continuent de tirer parti des craintes des Canadiens concernant les coûts à court terme de l'action climatique.
Trudeau s'est engagé à réduire les émissions de 40 % à 45 % sous les niveaux de 2005 d'ici la fin de la décennie et à atteindre zéro net d'ici 2050. Cependant, il existe deux obstacles politiques majeurs à la réalisation de ces objectifs climatiques. Premièrement, on ne sait pas comment les objectifs peuvent être atteints de manière plausible sans plafonnement de la production de pétrole et de gaz. Le gouvernement Trudeau a refusé d'accepter un plafond de production en raison de l'intense pression industrielle et politique. Au lieu de cela, il a promis 12 CAD. 4 milliards de dollars (9. 4 milliards) de crédits d'impôt pour la construction de systèmes de captage du carbone. Deuxièmement, le système de tarification du carbone de Trudeau impose des frais aux principaux pollueurs et aux ventes de combustibles fossiles, mais tous les Canadiens ne comprennent pas le système.
Les incendies ont frappé au cours d'une année cruciale pour la trajectoire des objectifs d'émissions du Canada. Le pays devrait dévoiler des projets de réglementation pour un certain nombre de politiques, notamment celles visant à réduire les émissions de pétrole et de gaz, à accroître l'accès à une électricité propre et à renforcer les règles sur le méthane. Alors que les incendies de forêt ont poussé le climat au sommet de l'agenda en ce moment, l'élan pourrait se dissiper lorsque la fumée se retirera. Le changement climatique est une question qui exige des sacrifices, et les électeurs doivent faire face à cette réalité s'ils veulent progresser.


