Dans une démarche stratégique parallèle à la position commerciale de l’administration Biden, le Canada intensifie son examen minutieux des véhicules électriques fabriqués en Chine. La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a annoncé le lancement d'une période de consultation publique de 30 jours comme première étape vers l'imposition de tarifs sur les véhicules électriques chinois. Des informations avaient déjà fait surface concernant les projets du gouvernement d'augmenter ces droits de douane, indiquant un effort concerté pour renforcer les relations commerciales avec les États-Unis.
Lors d'une conférence de presse dans la région de Toronto, Freeland a souligné les défis auxquels est confrontée l'industrie automobile canadienne, citant la concurrence déloyale découlant des politiques délibérées de surcapacité de la Chine, menées par l'État, qui minent la capacité du pays à être compétitif sur le marché mondial des véhicules électriques. En réponse à ces préoccupations, le gouvernement envisage d’ajuster la liste des véhicules électriques éligibles aux incitations fédérales à la consommation, ainsi que d’élargir la réglementation des investissements dans l’industrie des véhicules électriques.
Les actions imminentes du Canada reflètent une tendance plus large parmi les pays du G7 à réévaluer leurs relations commerciales avec la Chine. Les États-Unis ont récemment annoncé une augmentation substantielle des droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, tandis que l’Union européenne prévoit également d’augmenter considérablement les droits de douane. Au milieu des discussions entre la Chine et l’UE, des concessions potentielles ont été évoquées, notamment une réduction des droits de douane existants sur les véhicules traditionnels en échange de l’abandon des taxes proposées sur les véhicules électriques.
Au niveau national, le premier ministre Trudeau fait face à des pressions de la part de l'industrie automobile canadienne pour mettre en œuvre des tarifs protégeant les emplois et les salaires locaux. Des groupes d’entreprises ont également exhorté le gouvernement à empêcher le Canada de devenir une porte dérobée pour les produits chinois à bas prix entrant en Amérique du Nord. Alors qu'un examen des accords commerciaux se profile à l'horizon, l'objectif du gouvernement est de dissuader le transbordement de véhicules chinois via le Canada.
Malgré le soutien du Parti conservateur à l'initiative de hausse des tarifs, les environnementalistes expriment leurs inquiétudes quant au fait que l'augmentation des tarifs pourrait entraver l'adoption par les consommateurs d'une technologie de VE plus propre en augmentant les prix. L'approche prudente du gouvernement à l'égard de l'imposition de tarifs sur les véhicules chinois pourrait avoir une incidence sur les relations du Canada avec son deuxième partenaire commercial en importance.
Bien que les importations de véhicules électriques chinois au Canada aient considérablement augmenté, l'accent a été principalement mis sur Tesla Inc. véhicules fabriqués à Shanghai. Freeland s'est abstenue de préciser si les tarifs pourraient être étendus aux importations de Tesla. La situation reste dynamique alors que le Canada évolue dans le paysage complexe des relations commerciales mondiales et des préoccupations économiques nationales.
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