Paris teste des mini-turbines dans les stations de métro pour lutter contre le changement climatique

16-02-2024
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Paris teste des mini-turbines dans les stations de métro pour lutter contre le changement climatique
Paris est l'une des rares villes au monde à calculer l'empreinte carbone de son territoire.
Eric Feferberg/AFP/Getty Images
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Pour lutter contre le changement climatique, un projet à petite échelle a été mené l'été dernier à la station de métro Miromesnil à Paris. Les navetteurs passant par les tourniquets ont pu contribuer à la production d'électricité en alimentant des mini-turbines qui convertissaient l'énergie cinétique. Même si l’énergie produite au cours du projet pilote de deux jours était minuscule, si elles étaient mises en œuvre sur l’ensemble du réseau métropolitain, ces turbines pourraient potentiellement produire 136 mégawatts par an, entraînant une réduction de 30 000 tonnes de CO2. Ce projet test, bien que jugé trop coûteux pour une mise à niveau à l’échelle du système, illustre l’émergence d’idées innovantes en matière de climat.

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Le projet est le fruit d'une collaboration entre Iberdrola SA, une société énergétique espagnole, et des étudiants de l'école d'ingénieurs française JUNIA. Les étudiants travaillent désormais au développement d'itérations plus pratiques de la technologie pouvant être utilisées dans les métros de Paris, Madrid, Santiago et au-delà. Leur objectif est de transformer les objets du quotidien en générateurs d’énergie autonomes pour réduire significativement l’empreinte carbone. Alors que le projet initial alimentait les panneaux de la station de métro, les itérations futures pourraient avoir des applications plus larges.

Paris explore activement diverses initiatives pour s'efforcer de passer à une énergie plus propre et d'optimiser ses ressources énergétiques. L’un de ces projets consiste à utiliser l’eau de la Seine pour créer un réseau de refroidissement, atténuant ainsi l’impact des îlots de chaleur urbains. De plus, il est proposé de créer une nouvelle rivière dans le bois de Vincennes, alimentée par de l'eau non potable déjà utilisée dans les lacs et rivières de la région. Par ailleurs, la réouverture de la rivière couverte de la Bièvre et la végétalisation du parvis reconstruit du Parvis de Notre Dame sont envisagées.

En étant l'une des rares villes au monde à calculer l'empreinte carbone de son territoire, Paris a réalisé des progrès substantiels en matière de réduction des émissions. En 2021, l'empreinte carbone de la ville s'élève à 18. 4 millions de tonnes de CO2, soit une diminution remarquable de 35 % par rapport à 2004. Le nouveau plan climat de la ville, dévoilé en novembre, vise la neutralité carbone d'ici 2050. Ce plan prévoit d’alimenter toutes les installations publiques municipales avec 100 % d’énergie renouvelable d’ici 2040 et d’éliminer progressivement les moteurs à combustion interne des véhicules publics, tels que les camions poubelles et les ambulances, d’ici 2030.

Étant donné que le trafic contribue à 13 % des émissions de CO2 à Paris, la ville se concentre sur l'augmentation des pistes cyclables, l'expansion du système de vélos partagés Velib et la mise en œuvre de mesures de piétonisation sur les principales places. En outre, des voies supplémentaires réservées aux bus, aux taxis et au covoiturage sont prévues. À l'issue des Jeux olympiques de 2024, Paris entend établir une zone à circulation limitée au centre-ville, limitant les déplacements aux piétons, aux cyclistes, aux transports en commun et aux véhicules autorisés.

L'un des domaines d'intérêt critiques pour Paris est l'efficacité énergétique, notamment en termes d'amélioration de l'isolation des bâtiments. Les bâtiments représentent 72 % des émissions de CO2 de la ville, la plupart de ces émissions provenant de la combustion d'énergie à des fins de chauffage. Les initiatives de rénovation visent à atteindre une « faible consommation d'énergie » pour tous les bâtiments existants d'ici 2050, en commençant par les bureaux gouvernementaux et l'hôtel de ville. L’objectif pour les bâtiments résidentiels est de réduire les émissions d’environ 43 % par rapport aux niveaux de 2004 d’ici 2030. Cela comprend la rénovation de 5 000 logements sociaux par an et de 40 000 maisons ou appartements privés. La ville conçoit également un système pour aider les ménages à faible revenu à moderniser écologiquement leurs espaces de vie à un coût minime, voire gratuit.

Bien qu'il existe des incitations financières en place partout en France pour encourager les rénovations économes en énergie, le processus reste complexe et difficile pour les particuliers. Michel Dubromel, responsable du réseau énergie de France Nature Environnement, remarque que les gens ont souvent du mal à s'y retrouver dans un système financier complexe, ce qui conduit à une réticence à s'engager dans des rénovations thermiques.

La France, en tant que nation, prévoit de doubler sa production d'énergie renouvelable pour la porter à 40 % d'ici 2030. Grâce à son recours à l'énergie nucléaire, la France émet déjà moins de CO2 que les pays voisins. Cependant, les centrales nucléaires vieillissantes nécessiteront des rénovations, ce qui pourrait détourner les ressources d'autres sources d'énergie renouvelables. La tendance future appelle à une production décentralisée d’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique supervisée par les autorités régionales et locales.

Même si Paris a fait des progrès significatifs en matière de réduction de la consommation d'énergie et d'augmentation de la production locale d'énergie renouvelable, les progrès à l'échelle nationale ont été plus lents. Le gouvernement français, dépourvu de majorité parlementaire, a rencontré des difficultés pour mettre en œuvre une législation solide relative au climat. Cela a entraîné des retards et le rejet de mesures telles qu'une proposition visant à interdire les chaudières à gaz et à créer des zones à faibles émissions.

Au milieu de ces défis, il est clair que des mesures drastiques sont nécessaires pour réussir la transition énergétique. Cependant, grâce aux efforts continus et aux projets innovants comme les mini-turbines dans les stations de métro, Paris reste déterminée à atteindre ses objectifs climatiques et à créer un avenir plus durable.